Jean Maureille, l’inattendu est sa règle

Il a été publicitaire pour un grand groupe régional ; il travaille pour la communication municipale ; c’est une personnalité connue. Pourtant, chaque soir, il descend dans le sous-sol de son pavillon. Là, commence sa journée créatrice. Peu de temps, donc. Aussi il faut se mettre rapidement en condition d’oubli, de vide mental, de table rase. Pour s’y aider, quoi de plus positif que de rigoureuses contraintes : trouver, par exemple, en un même espace deux objets de rebut, les associer sans rien ajouter ni retrancher.

Les « découpures » sont nées d’autres contraintes : faire surgir des formes jusque là invisibles en utilisant les matériaux pauvres d’une et d’une seule page de prospectus publicitaire et en un seul coup de ciseaux !

Ainsi, comme le dit Luc Rigal : « les pièces de Jean Maureille sont des révélations poétiques d’objets représentatifs intimes laissés pour compte où l’imprévisible sera le stratagème emprunté pour atteindre à l’émotion. »

Ce texte est extrait de l’ouvrage de Jean-François Maurice, Les Insoumis de l’art du Quercy et de ses alentours du cœur (Cahors, 2001) qui rassemble une quarantaine de créateurs secrets, insolites, singuliers qui oeuvrent en dehors des diktats de la mode et de tout académisme. Son auteur a créé et anime depuis 1992, à Cahors, la revue Gazogène consacrée à ces artistes inventifs de l’ombre, ces « hommes du commun à l’ouvrage », pour reprendre la formule de Jean Dubuffet. Jean Maureille était présent dans le numéro 2, janvier 1992. Il le sera de nouveau dans le numéro 28 (à paraître septembre 2004).